L ADDICTION : comment s’en sortir ?

Regardez bien l’image ROUGE, elle veut tout dire ….Addict veut direAddict à l’amour”. Mieux encore , ca signifie :  “souffrant d’un manque d’amour, d’attention, de bienveillance, d’écoute”, ou du moins, le ressentant tel que….L’addiction est à mes yeux, une dépression masquée, elle signe la difficulté à dire : ” je souffre, j’ai mal, c’est dur” . L’addict ne se plaint pas, il encaisse, et il “décharge” dans le cannabis, l’alcool, les jeux vidéos, la sexualité.....L’addiction est une souffrance, pas un vice. Que ceux qui lisent sachent que j’en suis tout à fait consciente et que je ne porte aucun jugement. Je précise que je ne suis pas addictologue. Cet article est issu de ma pratique, de ce que j’ai pu appréhender dans mon cabinet .

Addiction à l’autre

D’ordinaire, on distingue les  drogues communément acceptées : la cigarette , des substances dites illicites ; mais pour moi, c’est le même schéma. Je vois au sein de mon cabinet, trop de jeunes en souffrance qui tentent de noyer leurs peurs, leurs frustrations, leurs déceptions, leurs contrariétés, dans de l’alcool, à plusieurs ou pire tristement seul. Le joint, l’herbe aussi ont la côte, quand dans des bouffées de cannabis, ce n’est pas la fumée seulement qui s’en va mais aussi leur souffle, leur énergie vitale, les projets qu’ils ne réaliseront pas. C’est le temps qui s’en va, perdu à être mal, à rester dans son mal être, jusqu’à ne plus trouver d’issue pour s’en sortir : sans savoir où demander de l’aide ? Finalement, quand on parle d’addiction, on parle d’addiction à l’Autre, c’est encore plus flagrant dans  des crises de boulimie, où le recours à la nourriture compulsive, addictive, vient réconforter, adoucir, la déception, de sa propre faiblesse, de sa difficulté à changer les choses, jusqu’au dégoût de soi. Vient alors la résignation, devant le problème de vie vécu comme insoluble, inchangeable, une montagne.

Addiction sexuelle

On voit aussi depuis peu, assez rarement encore des addictions sexuelles, avec une multiplication des partenaires, une incapacité à résister à la proposition sexuelle, une incapacité à se protéger sexuellement, une incapacité à rester dans une relation monogame. Le besoin d’amour et d’attention, de tendresse, de partage privilégié  vient se heurter à la frénésie du désir d’un corps toujours nouveau, d’une sensualité toujours différente. Tout ça pour un répit transitoire, un soulagement , en fait très bref et illusoire, dans une quête d’amour pour se sentir vivre. exister quand il ne condamne carrément pas la relation de couple existante, si on est surpris.

L’enfer

Mais le Paradis du drogué se transforme en enfer, quand tout retombe, toute l’adrénaline, l’excitation.  Il faut alors un nouveau verre, un nouveau jeu, un nouveau corps. De débuts merveilleux, satisfaisants, le corps appelle à une dose supplémentaire, encore, encore et encore. Et c’est là, où le paradis commence à se transformer en enfer…puisque toute la journée est organisée autour de la satisfaction du plaisir. Jusqu’à prendre tout la place, jusqu’à menacer toute vie sociale, toute vie amoureuse. Parce que l’addiction chronique signe la mort de la relation à l’autre, l’addict préfère ne pas lâcher son jeu que sortir avec sa copine ou participer à la vie familiale ; et il va se retrouver seul. Pareil pour le couple, il va se faire surprendre, il ou elle va promettre, jurer, mais si l’addiction est reine !

Comment on s’en sort ?

Par un travail de réconciliation avec soi, en acceptant de revisiter, son passé, son enfance. En remontant à l’origine de ses déceptions : qu’est ce qui s’est passé, qui vous a trahi, humilié, pas écouté ? C’est ouvrir la porte à ses émotions pour que sorte enfin d’où est venu ce manque d’Amour ? ou cette certitude qui vous blesse aujourd’hui encore d’un manque, d’une carence, qui se réouvre à chaque fois, que vous êtes déçu(e) et vous fait vous précipiter pour oublier le vide, le manque, l’ennui….sur le cannabis, le sucre, le jeu vidéo, l’alcool. Je ne dis pas que le chemin de la réconciliation sera facile, non, c’est pénible, dur parfois mais je dis que c’est la clef ..parce que rester dans l’addiction, c’est se fermer aux autres…et seul on est pas si bien que ça. 

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