L’hypersensibilité : le chemin de croix

hypersensible

Un HP présente en général une hypersensibilité….J’ai parlé à ce sujet de CADEAU…Oui, comment ne pas trouver extraordinaire, hors du commun, quelqu’un capable de s’extasier même à l’âge adulte devant un feu d’artifice, capable de jouer, capable de comprendre ce que vous n’avez pas dit, quelqu’un qui vit sur une gamme d’émotions riche, quelqu’un qui comprend des langages auxquels vous n’avez pas accès, qui va parler à son animal de compagnie, et bien d’autres choses encore…

Ce cadeau de sur sensibilité intuitive, de capacité de ressentir l’autre, cette empathie qui les fait vibrer intrinsèquement, qui les fait vivre, va leur donner énormément d’informations, de vecteurs par rapport à une personne lamda, comme si la somme de stimuli qui la frappait était supérieure au nombre de stimuli qu’intègre une personne moins sensible.

Mais pourquoi cette sensibilité magique, deviendrait-elle-alors un fléau ?

Ils sont différents, ils réagissent différemment et ils attendent des autres idéalement une réponse à l’identique. Et devant la trahison, la fuite, la non réponse, la lâcheté, où ce qu’ils perçoivent comme tels on  assiste à une réaction  tsunamique de leur part.

J’ai dit FLEAU, parce que ces êtres doués d’empathie, d’écoute, de lecture de leur environnement , bienveillants en général sont aussi démunis qu’un escargot sans coquille devant l’égoïsme du monde, la brutalité, la violence, cette sphère capitaliste de non partage dans lequel, ils doivent se frayer un chemin….Ils sont capables du meilleur et du pire et idéalistes, peuvent s’effondrer devant une TRAHISON, là ou d’autres parleront de  “crasse”, de truc pas cool, de vengeance…

Leur sensibilité exacerbée les démunit de toute réponse adéquate. Ils ne comprennent pas pourquoi ? Comme si leur système de pare-excitation ne fonctionnait plus : (dixit Freud, Au-delà du principe de plaisir, 1920 ). La personne se retrouve, submergée, étouffée, noyée par un flot d’émotions, du pulsions incontrôlables, ingérables, impossibles à apaiser.

Le décalage entre eux et les autres,  il vient de cette différence de ressentis et de leur problème  relationnel. En effet, c’est l’explosion quand “trop c’est trop”, dans une société qui n’autorise pas les débordements au profit du self contrôle, lâcher prise, méditation. D’où  la peur de certains hypersensibles de n’être pas compris, pas aimés, mal perçus, mal jugés, mis à l’écart.

L’hypersensible va encaisser tant qu’il peut avec son ultra émotivité blessée qui peut l’amener à un burn out total par incompréhension des codes professionnels, des cultures d’entreprises…alors qu’ils sont fréquemment très investis , toujours à chercher à améliorer les choses, et qu’ils ne lachent jamais

Ou est ce que le coach, le psy interviennent ? L’hypersensibilité n’est pas une maladie mais ne pas en tenir compte va vous rendre malade. On parlerait presque “d’handicap” relationnel , le psy intervient sur le décalage des ressentis entre soi et l’autre, pour sortir l’hypersensible de son anxiété relationnelle, de sa peur de l’autre.

Leur apprendre à relativiser, leur faire admettre aussi les aléas de la vie professionnelles (commérages, rumeurs sur l’un sur l’autre, ) et admettre qu’ils n’y trouveront pas forcement que de la bienveillance, et de l’entraide….On finit pas avoir de leur part beaucoup de demande de réorientation professionnelle pour fuir l’ambiance anxiogène. Mais même ailleurs, il faudra apprendre à accepter et composer …On ne pourra pas refaire le système, du jour au lendemain et il va bien falloir apprendre à s’ insérer, sans voir le monde du boulot comme un monde totalement hostile.